photos : Henri Hoyez

LE GRAND FORMAT : AU CŒUR DU GÉNOME DU FESTIVAL !

 

« Je ne chantais pas, au départ. J’ai vu une annonce, et de fil en aiguille… » Florence Salon, l’animatrice principale du chant amateur à didouda, se souvient de ses débuts. Après avoir surmonté réserve et appréhension, après avoir connu l’émotion de sa première fois sur scène, elle passe du simple coup de main au pilotage du groupe qui nous a présenté lors de cette 14e édition de la « faites de la chanson » le grand format, autrement dit la création didouda 2018. Titre aux saveurs québécoises  : « TABARNAK »

 

Le « grand format » est un des éléments majeurs du génome du festival. Celui-ci s’est toujours voulu point de rencontre entre amateurs et professionnels. « Le thème du spectacle colle à la thématique du festival. Depuis quelque temps on essaie d’entrer dans le thème annuel choisi » souligne Florence.

 

DES AMATEURS ENTHOUSIASTES, DES PROFESSIONNELS EN APPUI

 

La conception se veut entièrement « maison » même si elle s’appuie sur d’authentiques professionnels, qu’ils soient metteurs en scène ou musiciens. Forte du soutien de ses financeurs publics et privés, didouda investit cette année 10 000 € pour cette création.

 

C’est Floriane Potier qui fut cette année chargée de la mise en scène, et ce sont Ludovic Houbron, Dimitri Delporte et Benjamin Rietz qui furent musiciens du spectacle.

 

« Les chanteurs avaient à relever plusieurs défis, se souvient Florence : certains n’avaient jamais participé à un spectacle, nous ne connaissions pas tous les artistes qui nous accompagnaient (Floriane Potier, Ludovic Houbron) et finalement nous avions une durée de préparation assez serrée »  

 

ENSEMBLE, ON VA PLUS LOIN

 

L’ambition revendiquée du champ amateur est de présenter un spectacle de qualité quasi professionnelle. Il faut intégrer chacun des participants, quel que soit son niveau, porter l’ensemble du groupe à un niveau artistique homogène, s’appuyer sur l’esprit d’entraide, de coopération et de bienveillance qui se crée au fur et à mesure de l’avancée du travail.

 

« Finalement, nous avons eu l’idée de partir de ce que nous vivons durant les réunions pendant lesquelles nous préparons le grand format » sourit Florence. Une sorte de mise en abyme qui a su trouver la satisfaction du public rassemblé au théâtre le dimanche 17 juin.

 

L’idée est maintenant d’exporter les présentations du spectacle dans les villes environnantes. Un des nombreux projets de la rentrée.

Qui sommes-nous ?

1995 : Une équipe de rêveurs

Ils sont réunis là, en ce samedi de février, en cette modeste salle des orphéonistes d’Arras. Par les
fenêtres, les rêveurs s’évadent des débats en cours pour voir le soleil jouer avec les nuages et faire
des reflets sur les tables en formica. L’association artésienne des amoureux de la chanson et du
spectacle vivant vient de naître. Elle s’appellera « Di Dou Da » un tout petit peu plus tard, à la suite
du trait de génie d’une de ses membres de la première heure, Sandrine Grémillet, qui proposera ce
nom évoquant si joliment la chanson, sans l’enfermer dans l’étroitesse d’une catégorie.
Aujourd’hui, l’asso en est à son 14ème festival, et c’est du 16 au 23 juin, dans tout Arras.

C’est une bande de copains comme il y en a tant. Rêvant de chanson et brûlant de corriger l’injustice
éloignant des scènes de grands talents, jeunes et moins jeunes. Ils ont, pour certains, la foi du
charbonnier dans cette belle ambition. D’autres sont fascinés par les textes, et savourent les
envolées d’un Jehan ou d’un Allain Leprest avec des émerveillements d’œnologue savourant dans
toutes ses nuances une gorgée de Petrus.

D’autres sont au contraire peu animés par toute cette science, mais habités par la flamme de
l’éducation populaire. Enfin, on dénombre aussi les amateurs de bonnes bouffes et de soirées entre
copains, venus là par sympathie, et qui ne détestent pas contrarier le courant plus classique en
s’extasiant, à l’époque, devant « chanson plus bifluorée »

Dès lors, Di Dou Da prendra peu à peu sa place dans le paysage culturel arrageois. D’organisatrice de
soirées entre amis où l’on confronte ses trouvailles discographiques et ses recettes de tartes aux
orties pour l’auberge espagnole, elle passera à la vitesse supérieure en montant un projet « politique
ville » dans tous les quartiers d’Arras-ouest : « nous chanterons les droits de l’Homme » un travail
animé durant deux ans par Christian Camerlynck, véritable magicien de la voix. Premiers croisements
amateurs/professionnels. La chanson (les enfants écrivent les paroles, mises en musique ensuite)
devient toute l’année prétexte, dans toutes les écoles des quartiers ouest, aux leçons de français,
mais aussi de géographie ou de maths. En juin, le casino est complet, des centaines d’écoliers ont
découvert le plaisir du spectacle, mais aussi sa discipline. Puis vient l’idée, pour la fête de la musique,
d’ouvrir la salle des concerts à tous ceux désireux de pousser la chansonnette. Profiter du coup de
main du pianiste jean Paul Roseau, accompagnant le spectacle des droits de l’homme, mais aussi de
nombreux artistes sur scène. « Un tapis volant » comme il se définit lui-même, sachant guider,
rattraper les maladresses, s’adapter au néophyte « Trompe toi franchement » est le leitmotiv de son
complice christian Camerlynck. « On se savait pas très bien ce qu’allait donner cette première boîte à
chanson, mais à minuit et demi, on a dû mettre les gens dehors » se souvient l’initiateur du projet.

En 2005, l’asso se jette à l’eau. Elle lance son festival en juin, après la fête de la musique. Découvrir et
redécouvrir les chanteurs peu médiatisés, provoquer la rencontre professionnels/amateurs,
(première partie amateur pour tous les spectacles) inviter les passants à monter sur scène, de se
retrouver cour de l’hôtel de Guînes pour boire un verre entre amis en écoutant les « heures avec » le
modèle est lancé.

1995 : Di Dou Da est née ! Quel chemin parcouru depuis !